jeudi 2 mai 2013

"le livre noir des violences sexuelles" de Dr Muriel Salmona

Je n'ai pas fait de notes ces derniers jours car j'étais pleinement occupée à lire le livre de Dr Muriel Salmona "le livre noir des violences sexuelles", éd. Dunod (2013), 340 pages, env. 19 euros.
Si le sujet vous concerne ou vous intéresse, si vous travaillez ou militez en contact avec les autres, dans le social, l'éducatif ou la santé, alors la lecture de ce livre sera vraiment très utile. Il est technique mais mis à la portée de tout le monde. Ce n'est pas un récit de violences, mais parle des conséquences des violences, et de leur possible traitement, de l'intérêt de la prise en charge.
Je trouve qu'il participe aussi du projet de société plus égalitaire, plus humaine, et qui se propose d'offrir à chacun-e une meilleure qualité de vie.

Il y a un blog du livre, avec des extraits, des entretiens, vidéos, c'est déjà un premier pas pour vous informer, comprendre ou se comprendre. Le blog du livre est ICI, n'hésitez pas à le visiter. Et le blog Stop aux violences est ICI...
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J'ai eu envie de soutenir ce livre et de l'acheter, et en parler est un geste militant. Dr Muriel Samona, médecin-psychiatre, militante des soins, dévouée aux victimes de violences. J'ai noté que c'est rédigé en disant "on" des fois ça m'a un peu gênée, j'aurais voulu m'en détacher. J'ai trouvé utile ce livre en tous cas à plusieurs titres, à titre personnel comme je l'écris plus bas, à titre militant féministe pour un projet de société plus belle, et concernant mon engagement militant sur la publicité sexiste parce que ces pubs participent à consolider un système inégalitaire pour les femmes, et qui dit inégalité, dit risque.
Moi ça fait 32 ans que je suis sortie de l'insécurité, juste majeure. C'est vrai que c'est surprenant, la dissociation, sortir de soi, le son de sa voix comme celui d'une autre, heureusement quelques instits/profs qui disent des trucs biens sur vous alors on sait qu'on vaut quelque chose. Déconnexion recherchée aussi. Des choses valorisées comme le sport ou le travail à haute dose, des trucs kamikaze comme "provoquer" l'adulte et prendre des risques à l'adolescence, avec les conséquences. Ce qui m'a le plus surprise, il y a 32 ans, alors que je commençais une vie seule "tranquille" c'est l'explosion du coeur. Un jour il y a un bruit ordinaire ou un mouvement anodin des gens, et sans avoir le temps d'en avoir conscience, donc de s'en prémunir, une bombe explose à l'intérieur du coeur. Là on se dit je vais crever, le coeur ne peut pas supporter ça, c'est le malaise, et si ça recommence ?? Là on comprend qu'il ne suffit pas d'être a priori en sécurité. J'ai trouvé que c'était le pire. En parler ne semblait pas utile. Comment empêcher tel bruit, tel mouvement des autres, qui est tout à fait ordinaire ? Ce n'est pas comme une peur qu'on peut tenter de maîtriser ou l'évitement du danger. C'est une bombe qui saute à l'intérieur tout d'un coup dans notre vrai coeur de chair.  

Un jour à la radio, j'entends la présidente de SOS Attentats qui parle du vécu des victimes d'attentats, et c'est la 1re fois que j'entends parler de quelque chose qui ressemble à ce que je vis. Ça m'a fait quelque chose de l'entendre et de savoir que d'autres vivaient ça…
Petit à petit, ce truc du coeur s'est émoussé, maintenant le déclencheur parvient à la conscience, j'ai 1 seconde pour me dire ce n'est rien, ces gens sont de braves personnes, limite je les "aime", voilà ça désarme le truc, le coeur bat vite, ce n'est pas grand chose.

Aujourd'hui avec internet, les associations d'aide aux victimes, la volonté de militantes de s'occuper de toutes les victimes, je pense qu'on est sur la bonne voie. Heureusement car je me dis qu'on peut mourir sans "raison" apparente pour les autres. Et vu le nombre d'agressions puis de victimes qui à leur tour agressent… c'est une oeuvre de salut public qui est menée, il y a de l'espoir. Merci pour ce livre et à celles et ceux qui travaillent dans le bon sens.

Maintenant je peux retourner à mes petits dessins. Cette note n'appelle pas forcément de commentaires.