vendredi 1 février 2013

"Invisible" de Michal Aviad : un film à voir vraiment...


Bande annonce du film INVISIBLE de Michal Aviad... par dm_51017b419aa70

Un petit mot pour passer le message d'aller voir ce film qui vient de sortir, sans hésiter. Je l'ai vu mercredi soir au cinéma 3 Luxembourg (programmation ici) suivi d'une rencontre avec la réalisatrice et deux responsables du Collectif Féministe Contre le Viol (site ici). 

Excellent film, féministe, il ne comporte pas de scène de viol. C'est un ensemble très habile de fiction et documentaire. Il met en scène deux femmes, Lily et Nira, victimes du même violeur en série il y a longtemps. Par leurs échanges, leurs recherches, elles amènent à l'écran des extraits documentaires d'une affaire réelle. Il s'agit alors d'images d'archives, coupures de presse et témoignages d'époque d'une affaire de viol qui a fait 16 victimes entre 1977 et 1978 à Tel-Aviv.

Les actrices sont physiquement sculpturales, fortes, elles vivent avec leurs marques, invisibles en apparence (d'où le titre), elles ont continué à faire quelque chose de leur vie, travaillent toutes les deux, une est engagée politiquement. Je trouve que c'est un film qui sert les victimes. Contrairement à beaucoup, il ne comporte pas de scène de viol ou de terreur, au contraire il y a à un moment une belle nudité masculine très paisible, et le dialogue final entre les 2 femmes très bon avec une touche d'humour solidaire, j'ai aimé. C'est plus un film sur les effets à long terme du viol que sur l'acte immédiat.

Dans le Nouvel Obs, il y a un entretien intéressant avec la réalisatrice à lire ICI...  

Après le film, les responsables du Collectif Féministe Contre le Viol (site ici) ont présenté leur structure. Dit leur étonnement à leurs débuts que les femmes appellent pour des viols 'anciens', par besoin de parler enfin…
Elles ont aussi répondu aux questions du public sur la loi, la prescription, rappelé justement que sur leur site il y a une pétition contre la prescription que vous pouvez toujours signer (lire ici). Elles ont parlé des groupes de parole qu'elles animent pour que les victimes se sentent plus fortes ensemble…