mardi 22 janvier 2013

Surtout ne pas devenir Chienne de garde...


«Il ne faut pas non plus qu’on devienne des chiennes de garde ! Il faut que nous soyons ferme mais pas agressives.» (Isabelle Debré, sénatrice UMP, suite aux propos machistes de confrères sénateurs et aux critiques que cela a suscité, voir ma note précédente et l'article sur TerraFemina ici...)

En tant que Chienne de garde, j’ai envie de réagir. Ce n’est pas contre «Isabelle Debré», car ce genre de phrase arrive de temps en temps et toujours dans les mêmes circonstances. Un macho se lâche, des protestations suivent, et une femme vient solidairement rappeller à être «ferme MAIS pas agressive» et surtout pas chienne de garde. «Chienne de garde» ça fait féministe, le mot qui coince.

Les Chiennes de garde, par un travail de vigilance contribuent pourtant à élever le débat, au même titre que la lutte contre le racisme ou l’homophobie. Dans la société humaine, un terrain verbal sexiste, raciste ou homophobe est d’ailleurs propice à la violence y compris physique, et à l’exclusion de l’autre. Donc il est important pour la paix sociale et la sérénité des débats, de réagir même si ce ne sont "que des mots". Les mots sont importants.

Les Chiennes de garde sont pédagogues et avec humour malgré tout, que ce soit dans le traitement de la publicité sexiste ou avec l’élection du «Macho de l’année». J’ai entendu le «droit au plaisir» clamé par la génération des années ‘70, et pour moi le droit à l’humour en fait partie, et permet de nous sentir un peu plus fortes et unies, on rit ensemble, des hommes peuvent trouver ça drôle aussi, on se comprend.
Les Chiennes de garde ont un site internet (ICI) qui explique d'ailleurs cette histoire "d'agressivité", un blog (ICI) et si l’adhésion vous tente c’est ICI, on ne vous mordra pas ;o) nous nous réunissons régulièrement et vous serez tenu informé-e de nos actions.
 
Comme les autres je suis bénévole. Mon engagement ? Par ce blog, faire écho à la parole de femmes et d’hommes qui nous signalent des propos sexistes, et beaucoup de publicités sexistes tout au long de l’année. Ces phrases publiques, ces publicités nous sont imposées : y réagir c’est être citoyen-ne. Le blog donne les coordonnées d’annonceurs publicitaires pour protester, et rappelle le droit de saisir le Jury de Déontologie Publicitaire, ce que fait parfois l’association en son nom. Pour moi, défendre la dignité des femmes c’est aussi défendre la qualité de vie en général car c’est le machisme qui est agressif et pourrit le terrain.
«Le machisme tue tous les jours, le féminisme n’a jamais tué personne» (Benoîte Groult).