jeudi 27 septembre 2012

appeler une chatte... un chat... (et une ministre...)

Ben oui c'est pourtant simple, de pratiquer le sexisme ordinaire aujourd'hui, dans les quartiers difficiles (de la politique) lorsqu'il s'agit des femmes. C'est juste une question de langage, un détail donc - ou un symbole ? - d'ailleurs Cécile Duflot envisage d'appeler Bernard Accoyer Monsieur LA député... et puisque les mots n'ont pas tellement d'importance, ce "détail" ne lui fera certainement ni chaud ni froid... On parie ? 

-> Un article des Nouvelles News sur le sujet ICI...

Voici ce que Lionel Jospin alors Premier ministre écrivait... en 1999 (il y a donc plus de 10 ans) ! 

"Le présent Guide ('Femme, j'écris ton nom... Guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions'), rédigé par l'Institut national de la langue française, montre que, contrairement à certaines idées reçues, il n'y a pas de difficulté à féminiser la plupart des métiers, grades, titres et fonctions. Il y en a d'autant moins que le français l'a fait couramment jusqu'au siècle passé. Je suis convaincu que ce guide sera utile à tous ceux qui souhaitent faire avancer la cause de la féminisation. D'ores et déja, avec l'aide des médias, qui ont assimilé son sens, cette démarche progresse et les querelles sur "le" ou "la" ministre, lorsqu'une femme occupe ces fonctions, appartiendront bientôt au passé.
Notre langue évolue : elle n'est évidemment pas séparée des enjeux du temps. La parité a sa place dans la langue. Je souhaite que ce guide facilite une démarche dont la légitimité n'est plus à démontrer." (source ICI...)



C'est aussi l'occasion de rappeler la pensée d'Andrea Dworkin :  

"... les hommes ont le pouvoir de nommer, un pouvoir immense et sublime. Ce pouvoir de nommer permet aux hommes de définir l'ensemble du champ de l'expérience, de déterminer limites et valeurs, d'assigner à chaque chose son domaine et ses attributs, de décider ce qui peut et ne peut pas être exprimé, de contrôler jusqu'à la perception. (...) La suprématie masculine est fusionnée au langage de sorte que chaque phrase la proclame et la renforce..." (dans "Pouvoir et violence sexiste" éd. Sisyphe)